mardi 4 mars 2008

Jour J-1, suite

Ouf, quelle journée !

Nous sommes partis vers 9 h 30. Sans la moindre trace de neige, et je vous le dis tout de suite, le dieu qui dormait ne s’est pas réveillé. On annonce maintenant qu’il se mettra au travail ce soir et nous balancera entre 25 et 35 cm de neige, dans cette région-ci.

Nous sommes arrivés tôt et les formalités se sont déroulées sans anicroche. Roger passe son temps à dire que le personnel administratif est plus accueillant ici. Je ne suis pas d’accord. Non pas que les gens d’ici ne soient pas accueillants mais mes nombreuses expériences dans les hôpitaux de Montréal me permettent de dire que les gens en général sont obligeants et conscients d’avoir affaire à des gens malades ou en détresse.

Aujourd’hui fut vraiment une journée de préparation. En fin de compte, relativement peu de tests : un prélèvement pour une analyse de staphylocoques, un électrocardiogramme (je l’avais dit!), même pas de prises de sang, et un rapide examen général par l’infectiologue, une spécialité dont je ne connaissais même pas l’existence.

Par ailleurs, deux longues rencontres. La première avec une infirmière pour me préparer en vue de l’opération de demain. On me demande de me laver ce soir et demain (une chance qu’on me l’a dit!) et de me laver les cheveux avec une solution de Bétadine et de champoing de bébé. Ça vous fait du cheveu propre, ça, madame !

Pas de vin aujourd’hui, ni pour le mois à venir. Zut. J’avoue que ce soir, j’aurais bien pris un petit verre de vin blanc médicinal fortifiant.

Demain, je serai opérée à 8 h, ce qui signifie que je dois arriver à l’hôpital à 7 h, ce qui signifie que nous partirons d’ici à 5 h 30, ce qui signifie que nous devrons nous lever à 5 h. Ohlala. Pas de déjeuner pour moi évidemment. On me permet un peu de jus de pomme ou du café noir (frisson) au moins quatre heures avant l’opération. Moi, me lever vers 3 h 30 pour prendre un verre de jus de pomme? Pffffffft.

Au début de l’entrevue, l’infirmière a fait un commentaire qui n’a pas été sans m’inquiéter un peu. Elle dit qu’elle est surprise de la facilité qu’elle a à parler avec moi, elle n’a jamais eu de préparation en vue de l’implant cochléaire avec une personne qui comprend si facilement. Un peu plus tard, par contre, elle mentionne qu’elle n’est pas depuis longtemps à ce poste et n’a fait que 3 ou 4 préparations. Ce qui m’inquiétait un peu, c’était que ça semblait renforcer ma question : est-ce que cette opération en vaut vraiment la peine ?

J’ai eu ma réponse, et tout une réponse, un peu plus tard, lors d’une longue rencontre avec l’audiologiste.

Elle mentionne que certains cas sont des « candidats limite », pour lesquels on doit jauger très délicatement les avantages de l’implant par rapport à la perte d’audition dans l’oreille opérée, ce qui leur laisse une marge d’erreur bien mince.

Je dis que je crois que je suis une « candidate limite », non ? Surprise, elle me dit que je me trompe, que je ne suis pas du tout une candidate limite. Mon résultat à ce fameux de discrimination était tellement au-dessous de leur «note de passage », et, inversement, mon score à l’examen de lecture labiale était si élevé qu’il n’y a même pas eu de discussion dans l’équipe, j’étais un cas pour qui l’implant était une évidence..

Elle ajoute que, dans leur désir d’avoir un implant, certaines personnes tentent de fausser leurs résultats à l’examen de discrimination. Ce qui bien sûr est des plus contre-productifs, donc l’équipe fait bien attention aux réponses et aux réactions à l’examen. Il y a même eu des cas où on a dû avoir recours à une investigation sans participation, par simple examen de la réponse nerveuse aux stimuli.

On me posera un implant de marque Clarion, dont les piles sont rechargeables. L’appareil a deux sortes de piles, une pile de courte durée, un peu plus petite (9 à 19 heures de durée utile) et une pile longue durée, un peu plus grosse, (19 à 41 heures de durée utile). La partie derrière l’oreille est un peu plus grosse que mes appareils actuels, surtout avec la pile de plus longue durée.

Alors voilà. Je vous parlerai du technicien en électrocardiographie une autre fois : c’est que je me lève à 5 h, demain, moi.

Comme je coucherai à l’hôpital, et que l’hôpital n’as pas d’accès Internet (franchement !), je ne vous donnerai pas de nouvelles avant jeudi, au mieux. Restez à l’écoute ! et merci de vos nombreux messages pleins de bonnes pensées. Je me considère comme très chanceuse de vous connaître.

Le temps me presse et ma révision est moins tatillonne que d’habitude. Vous me passerez bien quelques fautes…

À jeudi.

3 commentaires:

Carl a dit…

Bonjour Hélène,

J'ai un peu de difficultés avec le mot de Cambronne mais si ça peux aider, je te le drie à plein poumons.

Merci pour le blogue, ça peut aider des gens.

Suzanne a dit…

Bravo Hélène pour ta grande détermination.
On est bien conscient que de se lever à 5 heures du matin ce n'est pas facile mais c'est peu à côté de passer sous le scalpel.

Nous serons de tout coeur avec toi et espérons avec toi que tout se déroulera sans aucune anicroche. Je sais aussi que la tempête ne vous fait pas de cadeau,mais je suis rassurée de vous savoir bien rendu à l'hôpital.
Nous aurons une pensée positive pour toi tout au long de cette journée, et à bientôt !

DoMi a dit…

Vivement jeudi !
Dominique