lundi 10 mars 2008

Jour-J, rédigé les 8 et 9

On me mène bientôt hors de la salle de réveil, Roger m’attend à la porte de la salle d’attente, radieux, avec « LA » bonne nouvelle. Avant même la fin de l’opération, pendant qu’on me recousait, je suppose, un audiologiste de l’équipe en salle est sorti pour la lui annoncer sans plus attendre : les tests qu’ils font, une fois l’implant posé, sont positifs, tous les électrodes sont fonctionnels et le nerf auditif répond parfaitement à la stimulation. C’est parti, mon kiki ! L’opération proprement dite a duré un peu plus d’une heure et demie.

L’après-midi se passe tranquillement. Je vous écris un peu, et puis je me repose beaucoup. J’ai faim, j’ai faim, surprise ! On m’apporte un sandwich et du blanc-manger, dessert injustement dédaigné, je trouve, j’aime. Roger fait main basse sur le sandwich. Au voleur !

La tempête fait toujours rage. Le vent en rafales, du haut du 9e étage de l’hôpital, c'est très beau à voir. Moins à parcourir. Il est prévu que Roger retourne ce soir dormir chez Suzanne et Roger pour revenir me chercher au moment où j’aurai mon congé, probablement demain, quoiqu’on nous ait avertis que certaines personnes doivent passer une deuxième nuit à l’hôpital. Il se rend au poste de garde pour s’informer des conditions du temps et de l’état des routes. Une infirmière lui annonce joyeusement que la ville de Québec est bouclée, tous les ponts sont fermés. Il réplique qu’il se fout des ponts, puisqu’il se dirige vers Baie-Saint-Paul. L’infirmière éclate de rire : ton chien est mort, dit-elle, la Côte de Beaupré est impassable. Tu couches ici !

On m’apporte un souper mou, car je dois éviter les efforts de mastication. Soupe, très bonne. Purée de patates et purée de carottes d’hôpital. Omelette, bel effort mais une omelette survit mal au voyage, de la cuisine aux étages. Et encore du blanc-manger, miam. Non, sérieusement, miam.

Douleur ? Toujours 1 et demi ou 2 sur l'échelle de 1 à 100. Vraiment pas de quoi écrire dans son blogue.

Je ne vous parle pas des nombreuses visites des infirmières qui suivent régulièrement ma récupération. De l’ensemble du personnel infirmier du CHUQ, je garde une impresion extrêmement favorable, compétence et gentillesse sans faille.

La seule exception, qui n’est pas une infirmière, est la préposée qui s’occupe de la garde des effets personnels de l’unité des soins ambulatoires. Par trois fois, Roger tente de récupérer nos effets, qui ont été mis sous clef pendant l’opération. C’est que, en gens dociles, nous avons mis absolument tous nos effets dans le sac. Nous n’avons pas un sou sur nous, pas une carte de crédit, rien. Vous connaissez Roger, sa normale gentillesse chaleureuse avec les gens. Il demande à la préposée de nous rendre notre sac. Par trois fois, elle refuse, elle est trop occupée. Les deux premières fois, il accepte cette réponse, même si elle n’est pas donnée avec la plus grande des délicatesses. Après tout, les conditions sont difficiles, le personnel est débordé. À la troisième rebuffade, il remonte au 9e et demande au poste de garde : qui peut faire quelque chose avec la fille de la sécurité au 6e, moi, je veux nos affaires et elle, elle a l’air bête. Ça se règle, je vous prie de le croire.

En début de soirée, Roger va aux informations à Transport Québec, concernant l’état des routes. La Côte de Beaupré sera peut-être réouverte à la circulation automobile vers 21 heures, qu’il rappelle. Il somnole, sur un fauteuil, à côté de mon lit. L’heure passe, il dort toujours. Finalement, vers 22 h, une infirmière arrive, on lui installe un lit pliant à mes côtés. Nous nous rendormons main dans la main. Une bonne journée de faite.

1 commentaire:

Suzanne a dit…

Même si je connais bien l'histoire , c'est encore plus facile de suivre dans ce récit....